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La baie de Antongil

La baie d’Antongil et la péninsule de Masoala constituent l’un des derniers domaines de la forêt ombrophile de l’Est, un monde touffu et obscur, en partie inexploré, qui abrite des espèces animales et végétales endémiques.

Ce sanctuaire de la vie sauvage n’en pas moins une histoire haute en couleur : après avoir servi d’escale aux navigateurs portugais, puis aux bâtiments de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, la baie d’Antongil devint, au XVIIè–XVIIIè siècle, un repaire de flibustiers et une base arrière pour les razzias d’esclaves que les Betsimisaraka effectuaient aux Comores et en Afrique orientale.

Mananara-Nord

Cette bourgade installée à l’entrée sud de la baie d’Antongil, près de l’embouchure de la Mananara (185 km au nord de Fenoarivo Antsinanana), est mondialement célèbre pour la qualité du quartz piézo-électrique que recèle son sous-sol.

Parc National de Mananara-Nord

Vue panoramique du Parc National de Mananara-NordCe domaine protégé qui associe un parc forestier de 23 000 ha et un parc marin de 1 000 ha abrite une faune et une flore extrêmement riches.

Il s’intègre dans un projet de conservation de la biosphère mené conjointement dans la région par le gouvernement malgache et les Nations unies et associant la population locale. Sa visite guidée ne peut se faire sans un permis, délivré à Mananara.

Île Roger

Cet îlot posé au milieu de la Manananara, à 4 km de son embouchure, est sans doute le seul endroit de Madagascar où l’on peut aisément observer l’aye-aye à l’état sauvage.

Nécropole d’Andavakandrehy

A 8 km au sud-ouest de Mananara-Nord, elle abrite des cercueils en bois sculptés du XVIè siècle, fort bien conservés.

Maroantsetra

Ce petit port fluvial est établi au fond de la baie d’Antongil, sur l’estuaire de l’Antainambalaña. Les deux villages installée sur le site reçurent, en 1596, la visite de l’amiral Cornelis Van Houtman et leurs habitants firent ensuite bon accueil aux commerçants hollandais, puis au pirates et négriers de toutes nationalités.

De nos jours, Maroantsetra a beau être l’une des villes les plus arrosées du pays (plus de 3000 mm d’eau par an), randonnées sportives dans la forêt vierge et excursions à Nosy Mangabe en font le rendez-vous des naturalistes et de tous les amoureux de la nature.

Nosy Mangabe

Si l’on en croit la tradition orale, cette île ancrée à 5 km au large de Maroantsetra fut un des hauts lieux de débarquement des populations indonésiennes qui devaient ensuite s’établir sur les Hautes Terres.

Au XVIIè siècle, elle devint un poste d’avitaillement des navires hollandais. On peut encore voir sur certains rochers les messages gravés par les marins à l’intention des équipages des bateaux suivants.

Aux commerçants succédèrent bientôt les pirates et l’on raconte que le Britannique John Avery, qui venait de capturer en mer Rouge un vaisseau du Grand Moghol transportant de l’or et une « jolie princesse », trouva un temps refuge dans l’île avant de repartir à Boston négocier ce qui restait de son butin.

Ce domaine de 520 ha couvert de forêt primaire et qui abrite plusieurs espèces de lémuriens, des batraciens et reptiles, tel l’uroplatus fimbriatus, est devenus une réserve naturelle intégrale.

On peut camper dans l’île. Permis et guide s’obtiennent à Maroantsetra ou Antalaha.

Parc National de Masoala

Parc National de MasoalaCette aire de 210 000 ha protège la forêt humide, la mangrove et les lagons de la presqu’île de Masoala. Lémurs vari rouge, chauves-souris frugivores, aigles serpentaires figurent parmi ses hôtes.

Les principaux points d’accès sont Ambanizana (4 heures de bateau de Maroantsetra), Antalaviana (5 heures) ou Masoala (6 heures).

Les randonneurs expérimentés qui ne craignent ni la pluie ni la boue pourront observer à loisir la faune et la flore du parc en ralliant Maroantsetra à Antalaha sous la conduite d’un guide (compter au moins cinq jours).

Sur la piste, près du village de Fihizono, une pierre appelée Ambaton-dRadama (« A la pierre levée de Radama ») commémore l’expédition que le souverain merina mena en pays betsimisaraka en 1817.

Maurice-Auguste, Baron de Benyowsky

Cet aventurier obtient la direction de l’établissement français de Madagascar en 1773. Il s’installe en 1774 dans la baie d’Antongil, donnant au modeste poste de traite qu’il a fondé le nom de Louisbourg en l’honneur de Louis XIV.

Il envoie bientôt à ses commanditaires français des lettres prétendant qu’il a soumis toute l’île et réclamant de l’argent pour affermir son pouvoir. Mais une enquête dévoile la supercherie et le contraint à regagner la France en 1776.

Ne se tenant pas pour vaincu, cet affabulateur qui s’est autoproclamé « empereur de Madagascar » reviendra pour tenter de soulever les chefs Betsimisaraka contre les traitants français établis sur la côte est. Il sera abattu en 1786 par des soldats dépêchés de l’île Bourbon.




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