A Madagascar, chaque société a ses propres fêtes
collectives. Tous ces rites ont cependant un but commun, « amorcer »
l’année nouvelle et la rendre propice à tous les vœux de fécondité des
humains et de fertilité de la terre par l’intercession du souverain et
de ses ancêtres auprès de Zanahary.

Les cérémonies allient chants et
danses et rassemblent toute la communauté dans une localité déterminée
ou sur un site qui a marqué son histoire. Elles sont l’occasion de
rappeler les valeurs essentielles du groupes et de fortifier sa
cohésion.
Un Rituel Dynastique
La cérémonie du « bain des reliques royales » est une institution politique des anciens royaumes
sakalava.
Les sakalava du Menabe l’appellent Fitampoha (bain), les
sakalava du Boina, Fanompoambe (grande corvée royale). Jadis ce
rite propitiatoire pour la reproduction du cycle annuel était aussi pratiqué en Imerina avec le Fandroana (bain de la reine).
Un Instrument Politique
A l’occasion de cette cérémonie annuelle, le souverain en titre
recevait jadis l’allégeance des divers groupes ou clans du royaume et
distribuait honneurs et charges, mesurant ainsi l’étendue réelle de son
pouvoir.
Cette fête a tendance à prendre un caractère folkorique pour
mieux séduire un public de touristes.
Exposition des Reliques
Les premier jour du Fitampoha, les reliques quittent leur sanctuaire
pour être portées en grande pompe au bord du fleuve Tsiribihina. Leur
gardien ouvre le cortège. Viennent ensuite le porteur des reliques du
fondateur de la dynastie, puis les porteurs des reliques de ses
successeurs suivis d’une foule nombreuse.
Réunion des Ancêtres Royaux et du Peuple
Les reliques sont instalées, pour la semaine, sous une tente spéciale ("rivotra", vent) sur la rive de la Tsiribihina. Les descendants des
rois et les "sazoka" (femmes habitées par différents esprits d’ancêtres
royaux) s’occupent de l’ordonnancement du rituel et de la vie
quotidienne dans ce village temporaire.
Réjouissances collectives
Chaque soir, la communauté est réunie pour la veillée. Les femmes
entonnent des chants, les jeunes se défient à la lutte (Moraingy), les
vieillards racontent des légendes et des récits historiques.
Refondation
Sur le site du Fitampoha, les orientations cardinales sont inversées.
Cette inversion restitue, en accord avec les mythes fondateurs, l’état
du monde au moment de sa création.
Ainsi, la veille du « bain des
reliques », chacun peut faire et dire ce qui lui plaît, affectant de
vivre dans un monde inorganisé avant de renouer avec les règles
sociales. Jadis cette mise en scène permettait de légitimer le
souverain régnant comme l’héritier d’une dynastie d’ascendance divine.
Un Bain Régénérateur
Le septième jour, on baigne les reliques dans le fleuve pour signifier
la régénération du pouvoir et renouveler la faculté qu’a le roi
d’apporter prospérité et santé à tous pour le futur.
« Tsangan-Tsaina »
Cette fête collective antankarana est animée par des chants et des danses
qu’accompagnent sacrifice et prières.
Elle culmine avec l’érection
d’un mât sur lequel est fixé le pavillon du peuple, symbole de son
unité historique.
Le mât est taillé dans le tronc d’un arbre que l’on est
allé chercher en forêt, choisi par le devin.