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Les douze collines sacrées d’Imerina

Du temps d’Andriamasinavalona (1675-1710) au règne de Ranavalona III, les douze collines sacrées furent Analamanga (Antananarivo), Ambohidrabiby, Alasora, Imerimanjaka, Antongona, Antsahadinta, Ambohimanga, Ilafy, Namehana-Ambohidratrimo, Amboantany, Ambohijoky et Ikaloy.

analamangaChacun de ces villages royaux est un lieu sacré où se perpétue le culte de ces ancêtres mémorables entre tous que sont les souverains. Astrologues viennent s’y recueillir, les célibataires y prient pour trouver l’âme sœur, les chômeurs du travail et les malades la guérison.

Le jour du nouvel an malgache, l’Alahamadibe, les descendants des souverains et les astrologues distribuent un peu de la terre entourant les sépultures royales qui, sacrée, porte bonheur.

Selon la tradition orale, la monarchie Merina remonterait au XVè siècle, quand des populations d’origine indonésienne venues des régions côtières du sud-est de l’île auraient colonisé la vallée de l’Ampandrana au dépens des Vazimbas qui vivaient de la pêche en eau douce et de la riziculture.

Ralambo, à la fin du XVIè siècle entreprit d’unifier les petits royaumes ainsi constitués, mais l’entreprise fut mise en échec, au XVIIIè siècle, quand Andriamasinavalona partagea son royaume entre ses quatre fils.

ambohimangaAprès avoir restauré l’unité merina, Andrianampoinimerina, (1787-1810) décida de consacrer les collines où résidaient ses douze épouses : Ambohimanga, Analamanga (Antananarivo), Ambohidratrimo, Ilafy, Ikaloy, Ivohilena, Merimandroso, Alasora, Miadamanjaka, Ampandrana, Ambohidratrimo et Ambohitrontsy.

Par la suite, Rasoherinamanjaka consacra Iharanandriana, Ranavalona II, Isoavinimerina, Arivonimamo,Ranavalona III et Fenoarivo. Sur ces éminences boisées s’élèvent des villages fortifiés plus ou moins bien conservés que signalent des figuiers centenaires, arbres sacrés de la royauté.

Avec leurs hady (profonds fossés) et leurs lourdes portes de pierre, leurs rova et leurs tombeaux princiers, ils laissent imaginer comment vivaient leurs seigneurs frondeurs aux XVIIè et XVIIIè siècles.

Certains, tel Antsahadinta, sont encore habités par les descendants de ces rois Merina. Les villageois entretiennent ces lieux sacrés sans aucune aide de l’Etat et perpétuent les légendes qui s’y attachent.

L’accès des sites, relativement difficile en voiture, nécessite un 4×4 ou, du moins, un véhicule à garde au sol élevée, mais les circuits peuvent aussi se faire à moto ou à VTT.


« Hady »

Ces profonds fossés forment souvent une ligne de défense concentrique (hadivory) autour des fortins et des villages perchés sur les collines. Leur origine remonte au XVIè siècle.

Hadivory : une ligne de défense

« Tamboho »

Omniprésents en Imerina, les tamboho (« murs d’enceinte ») en terre rouge délimitent le périmètre d’un village, d’un champ ou d’une concession. Leur origine remonte à celle des monarchies, au temps où la défense des rizières était un enjeu vital.




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