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Habitat des Hautes Terres

Les Hautes Terres, région la plus peuplée de Madagascar, sont aussi celle où le bois de construction s’est fait, de longue date, le plus rare. Dans leurs sites fortifiés à fossés concentriques, les villageois ont dû développer une architecture de pisé, tandis que souverains et aristocrates merina se réservaient le privilège de construction du bois et s’attachaient, dès l’arrivée des Européens, à améliorer la maison traditionnelle de planches.

Tout est parti du Rova d’Antananarivo, où dès 1820, Louis Gros et Jean Laborde introduisirent la mode des colonnes. La multiplication des fours à briques allaient favoriser une véritable révolution architectonique qui débuta avec les constructions de prestige en milieu urbain et se diffusa rapidement dans les campagnes.

L’habitat fortifié

Les plus anciens villages perchés cernés de fossés circulaires ou polygonaux remonteraient à la fin du XVIe siècle en Imerina. Ces défenses furent renforcées: fossés multiples, remparts, portes à disque de pierre; quand les armes à feu se multiplièrent au XVIIIe siècle. L’habitat fortifié accompagna les populations dans leur descente vers les rivières, une fois la région pacifiée au XIXe siècle.

Le Rova, une construction en dur

Le bois, un privilège

Si les maisons de jonc, de terre ou de bois aux toits de chaume et pignons en forme de cornes ont longtemps coexisté, la maison aux murs de planches, n’était plus que le privilège d’une certaine aristocratie au début du XIXe siècle.
A Antananarivo un « édit royal ancestral » d’Andrianampoinimerina interdisant toute construction en dur dans la ville haute, le Rova, conforta ce privilège.

 

Evolution de l’architecture noble

maison-tuiles1gTranvovola et le palais de la Reine dit Manjakamiadana palais du Rova construits par des Français dans les années 1820–1840 perpétuent le caractère noble de l’architecture en bois en le magnifiant. A partir des années 1870, la haute société tananarivienne copie la maison en bois à étage et véranda, couverture de bardeaux, conçue par James Cameron pour loger la London Missionary Society et qui intègre si bien les proportions de l’architecture ancestrales des Hautes Terres.

Pisé, Adobe et Brique

Le pisé ici argile latéritique montée par lits successifs comme la brique crue sont des matériaux perméables qui nécessitent un enduit protecteur. Les maisons prennent ainsi, selon les localités, des teintes allant de l’ocre jaune  ( terre naturelle ) au rouge de la latérite ou au blanc du kaolin. La brique cuite plus résistante, a permis la création de relief et de décors plus marqués.

La maison bourgeoise, modèle rurale

Ranavalona II leva, en 1868, l’édit royal interdisant les édifices en dur dans la vieille ville et ordonna que les constructions soient couvertes de matériaux non combustibles pour évité les incendies. La bourgeoisie adopta alors la brique et la tuile, restaurant d’abord les vielles maisons en pisé avant de se lancer dans la construction de belle demeures patriciennes, modèles vite imité dans toutes les Hautes Terres.

Évolution de la maison rurale par rajouts successifs

En s’inspirant du modèle urbain, on a restauré les maisons de famille en pisé, parfois en leur ajoutant une aile ou une tour, mais le plus souvent sans en modifier le plan murs et ouvertures renforcés de brique à l’ouest et couverture de tuiles, avec parfois une autre véranda à l’est ou un toit en tôle.

La maison rurale

Maison rurale MalgacheC’est une construction associant le pisé pour la base des murs à la brique crue pour les étages et pignons. Au rez-de-chaussée, l’entrée sert souvent de remise au matériel agricole et la pièce nord à stocker des vivres. L’escalier à deux volées sous lequel loge la volaille abrite le silo à riz.
Jadis creusé sur l’aire de battage, nom loin du parc à zébus. La cuisine toujours orientée au sud, se trouve parfois à l’étage, comme la chambre principale (qui sert aussi de salle de séjour).




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