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Les Royaumes de Madagascar

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bouton-rougeNavigateurs et pirates européens
Les Portugais accostent l’île en 1500 et l’appellent São Lorenzo (Saint Laurent). Bientôt, Hollandais et Anglais l’utilisent eux aussi comme escale de ravitaillement sur la route des Indes.

Les Français déclarent « prendre possession de l’île entière », mais leur souveraineté ne dépasse guère le comptoir ouvert à la pointe sud en 1643, Cet établissement français est abondonné en 1674 et, jusqu’en 1720, les seuls Occidentaux à fréquenter la Grande Île sont des pirates et des flibustiers.

bouton-rougeLes premiers royaumes
A partir du XVIè siècle, clans et chefferies forment de multiples royaumes.

Trois d’entre eux, servis par leur dynamisme commercial et des rois ambitieux, se distinguent par leur expansion territoriale.

Les premiers royaumes

Dans l'Ouest de Madagascar, les Sakalava

bouton-rougeDans l’Ouest, les Sakalava
A la fin du XVIè siècle, les Maroseraña - dynastie établie depuis deux siècles dans le Sud-Ouest - donnent naissance au royaume du Menabe en étendant leur territoire aux plaines de l’Ouest et en installant leur nouvelle capitale au bord de la Saka, affluent du Mangoky.

Andriamisara, puis Andriandahifotsy (v. 1610-1685) dotent le Menabe d’une administration territoriale et d’instructions durables tout en menant une politique de conquête par des alliances ou grâce aux premières armes à feu achetées aux trafiquants européens et arabes.

Des querelles de succession amènent le fils cadet d’Andriandahifotsy à émigrer dans le Nord-Ouest pour fonder le royaume du Boina près de Mahajanga (Majunga). Ce deuxième royaume sakalava étend bientôt son contrôle à la pointe nord de l’île et à une partie du Nord-Est.

A la fin du XVIIIè siècle, la dynastie maroseraña contrôle ainsi plus du tiers de la Grande Île. Maître des ports de la côte ouest, elle monopolise le commerce des armes à feu et la traite alimentée par des razzias dans l'intérieur. Mais divisés par des rivalités familiales, le Menabe et le Boina subiront les premières attaques de leurs voisins merina au début du XIXè siècle.

bouton-rougeDans l’Est, les Betsimisaraka
Dans les vallées compartimentées de l’Est, d’innombrables clans rivaux se disputent, jusqu’au XVIIIè siècle, territoires et richesses. Ils troquent esclaves, zébus et riz contre des fusils et autres produits manufacturés auprès des pirates et négriers européens, nombreux à fréquenter cette côte.

A La fin du XVIIè siècle, Ramananao, prince de Vatomandry bien décidé à contrôler les meilleurs ports de la façade orientale, parvient à asservir ses voisins septentrionaux, mais suscite la révolte des zana-malata (mulâtres, descendants de pirates).

Ratsimilaho, fils du pirate anglais Thomas White et la princesse Rahena, le chasse et se fait proclamer roi des Betsimisaraka (les « nombreux solidaires »).

Dans l'Est de Madagascar, les Betsimisaraka
Il prend le nom de Ramaromanompo, « celui qui a plusieurs vassaux » . Son royaume s’étend bientôt de Mananjary à la presqu’île de Masoala mais il s’effritera après sa mort (vers 1750).

bouton-rougeAu centre, les Merina
Vers le XVè siècle, les Merina quittent les régions côtières du Sud-Est pour s’installer sur les Hautes Terres centrales. Vers 1530, Andriamanelo fonde la dynastie des Andriana. La légende veut qu’il ait appris à ses sujets à forger le fer pour fabriquer sagaies, haches et coutelas.

Ralambo (1575-1610) nomme le royaume « Imerina » (« d’où la vue porte loin »), le structure et l’étend au détriment de ses voisins vazimba. Il instaure des impôts et organise la noblesse en différents échelons.

Lui succède son deuxième fils, Andrianjaka, qui transporte sa capitale à Analamanga, la future Antananarivo.

Andriamasinavalona (1675-1710) partage le royaume entre ses quatre fils. L’Imerina subit alors près d’un siècle de division et de luttes intestines.
En 1787, l’avènement d’Andrianampoinimerina à Ambohimanga marque un tournant dans l’histoire de l’île.

Andrianampoinimerina (1787 - 1810)

Ayant réussi, vers 1795, à s’imposer comme seul souverain de l’Imerina, il transfère sa capitale a Antananarivo et poursuit une politique de développement économique. La maîtrise de l’hydraulique agricole, l’instauration de la corvée et de marchés hebdomadaires favorisent la croissance économique et démographique.

Son ambitieux étant d’« avoir la mer pour seule limite de sa rizière », il soumet ses voisins par la diplomatie ou par la force et nomme les princes locaux gouverneurs vassaux afin d’assurer l’ordre dans les territoires conquis.

bouton-rougeRadama Ier
A sa mort en 1810, Andrianampoinimerina laisse un Etat organisé dont  l’administration s’étend sur près de la moitié de l’île.

Son fils et successeur Radama Ier (1810-1828) perpétue sa politique d’unification, mais se distingue par son ouverture sur l’occident. Il accueille des missionnaires protestants qui construisent des écoles, fixent le malgache par écrit en caractère latins et l’aide à créer les premières manufactures.

Radama I

De jeunes Malgaches sont envoyés étudier outre-mer.

A partir de 1817, les britanniques, qui s’efforcent de tenir en échec les ambitions françaises sur la grande île, reconnaissent Radama Ier « roi de Madagascar » et lui dispensent leur assistance militaire en échange de l’abolition de la traite. Le souverain merina met ainsi sur pied une armée de métier et étend son hégémonie à l’Est, puis au Sud. Il parvient même à contrôler le nord de l’île et élimine des derniers postes français hormis Sainte Marie (Nosy Boraha).

Seule une partie de l’Ouest sakalava et du Sud échappe à la tutelle merina.

bouton-rougeRanavalona Ière
En 1828, la veuve de Radama Ier monte sur le trône.

Pendant les trente-trois années de son règne, Ranavalona Ière va lutter contre les tentatives d’invasion européennes et le zèle évangélisateur des missionnaires afin de protéger les structures traditionnelles de la société malgache et les coutumes des ancêtres.

Ranavalona Ière

Elle dénonce les traités signés par Radama Ier avec l’Angleterre, conteste le protectorat français sur Nosy Be et repousse deux tentatives de débarquement franco-anglaises. Si elle persécute les chrétiens, la reine sait retenir les rares Européens qu’elle juge utiles au pays, tels les Britanniques William Ellis et James Cameron et les Français Napoléon de Lastelle, Jean Lambert et Jean Laborde.

En 1857, suite à la découverte d’un complot monté par le prince héritier avec leur appui, les derniers Européens quittent la capitale. Dans le même temps, l’emprise de l’administration sur le pays se renforce au profit de l’oligarchie hova (roturière, par opposition aux andriana, nobles) qui occupe la plupart des fonctions civiles et militaires.

bouton-rougeLe règne des Premiers Ministres
En 1861, la mort de Ranavalona Ière porte son fils au pouvoir, Radama II engage une politique radicalement différente en rappelant commerçants Européens, missionnaires protestants et catholiques.

Mais des mesures maladroites (abolition des privilèges, de la corvée et des droits de douanes, importante source de revenu de l’Etat) et une brouille grave avec le Premier Ministre Raharo signent sa perte : il est assassiné le 12 mai 1863.

Sa veuve Rabodo, intronisée sous le nom de Rasoherina, laisse bientôt la réalité du pouvoir au Premier ministre Rainilaiarivony, qu’elle a épousé.
Ce Hova va conserver les rênes du pays pendant trente ans en épousant successivement Ranavalona II (1868-1883), Puis Ranavalona III (1883-1895).

Il se consacre à la modernisation de l’Etat et de la société. Un droit civil et pénal est élaboré. Des ministères sont crées en 1868, une administration adaptée aux différentes provinces est constituée en 1881.

bouton-rougeUn royaume affaibli et convoité

Le royaume de Madagascar est peu à peu reconnu par les puissances occidentales, mais affaibli par la cupidité de ses dirigeants et le mécontentement des officiers.

Ces difficultés servent les visées de Françoise de Mahy.

Antananarivo - Le Tranovola -

Ce député de la Réunion et porte-parole de colons en quête de nouvelles terres présente Madagascar comme un nouvel eldorado aux milieux d’affaires parisiens.

En 1883, invoquant des droits « Historiques » sur le nord et nord–ouest de Madagascar, les Français bombardent et occupent Mahajanga (Majunga), puis Toamasina (Tamatave). Le traité de paix de 1885 instaure un protectorat nominale français sur la Grande Île que l’Angleterre reconnaît en 1890 - en échange, Paris lui laisse les mains libres à Zanzibar.

En 1894, alléguant le non-respect du traité de 1885, la France décide d’envoyer un corps expéditionnaire.
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Les Portugais accostent l’île en 1500 et l’appellent São Lorenzo (Saint Laurent). Bientôt, Hollandais et Anglais l’utilisent eux aussi comme escale de ravitaillement sur la route des Indes. Les Français déclarent «prendre possession de l’île entière», mais leur souveraineté ne dépasse guère le comptoir ouvert à la pointe sud en 1643, Cet établissement français est abondonné en 1674 et, jusqu’en 1720, les seuls Occidentaux à fréquenter la Grande Île sont des pirates et des flibustiers.