Le Sud de Madagascar |
Le Sud malgache présente une unité physique et humaine tout à faire remarquable. Il est surtout constitué d’un bassin sédimentaire dont les terrains inclinés vers l’ouest et étagés du carbonifère au quaternaire dégagent des cuestas souvent majestueuses. Adossé au socle arasé du Mahafaly et de l’Androy continentaux, il a subi toutefois maintes cassures et les effets d’un volcanisme tertiaire et récent. A la longue saison sèche qui dure plus de neuf mois aux abords des côtes, succède une brève saison des pluies, parfois aléatoire (une terrible sècheresse sévit tous les sept ans), souvent très irrégulière et toujours pauvre en précipitations (moins de 600 mm/an). A part quelques cours d’eau pérennes (Onilahy, Mandrare, plupart des fleuves ont une vie terminale d’oued (Fiherenana, Linta, Menarandra)).
L’élevage extensif du zébu, qui n’exclut pas les transhumances, a permis à ces deux peuples de se doter de véritables territoires claniques. La valeur religieuse de l’animal est partout présente et les troupeaux, qui ont déjà une valeur d’usage, constituent la richesse des clans et des lignages. Des rois illustres ont marqué l'histoire de cette région, tels les Antandroy Andriamanana et Rafaly (XVIIè et première moitié du XVIIIè siècle), ou les Mahafaly Herontany et Tsiampondy (fin du XIXè siècle). On retiendra surtout l’échec des troupes Merina à conquérir la région au début du XIXè siècle et les difficultés des colonisateurs à la « pacifier » au début du XXè.
Hormis les échecs de la mise en valeur du charbon de la Sakoa et de la coopérative des tapis mohair d’Ampanihy, la relative réussite des plantations de sisal du bas Mandrare, les vains efforts de quelques colons ambitieux ou la précarité des quelques aménagements hydroagricoles plus récents (Bezaha-Taheza ou bas Fiherenanana), seules les deux villes qui encadrent la région, Toliara (Tuléar) et Taolañaro (Fort–Dauphin) font montre de velléités de développement et de modernisme. Ces deux ports font en effet illusion avec leurs rares industries, leur essor commercial, leur activité touristique et leurs tentatives d’administrer un Grand Sud sans ressources véritables et qui tente de résoudre ses problèmes par la migration temporaire ou définitive.
RAYMOND Decary, Contes et Légendes du sud-ouest de Madagascar, 1964. |