Toleara - Toliary ou Tuléar |
Tuléar, Toliary, Toleara… s’est développé dans la basse plaine du Fiherenana, fleuve capricieux qui « fit et défit la ville » (Fiherenana no maha Toleara) au terme de la RN7. Cet ancien comptoir colonial s’est émancipé en accueillant toutes les populations de la région - Vezo, Masikoro (Sakalava du sud), Mahafaly, Antandroy, d’autre venus de contrées plus lointaines, comme, les Betsileo et les Merina, ou même d’au delà des mers, comme les Karana (la minorité indienne).
Après avoir bénéficié, en 1897, du transfert de la vice-résidence française de la petite île voisine de Nosy Ve et de l’installation de ses résidents européens, Toliara devint, en 1903, la capitale de la plus grande province de l'île, puis, progressivement, son véritable pôle économique. Son wharf fut déplacé puis prolongé, ce qui permit l’aménagement d’un port en eau profonde d’où, longtemps, on exporta des zébus sur pied, de la viande conditionnée, du manioc et du pois du Cap. Ce port aujourd’hui menacé par l’extension des dépôts vaseux de la mangrove n’exporte pratiquement plus que du maïs et du coton. Cinquième ville malgache avec plus de 200 000 habitants, et centre universitaire, Toliara s’efforce de relancer son industrie (huilerie), mais elle bénéficie surtout d’un réel développement touristique que favorisent des liaisons aériennes directes avec l’Afrique du Sud et la Réunion.
Les bijouteries du boulevard Philibert-Tsiranana, principale artère de la ville, proposent des bracelets en or et en argent, et les femmes vezo vendent des coquillages à l’angle du boulevard Gallieni et de la rue du Marché. Dans les rues adjacentes s’élèvent d’imposantes bâtisses à colonnade, jalousies et lavarangana (« varangue », ou véranda), de style colonial ou indien. La Grande Mosquée de la rue Gambetta et le cimetière musulman d’Anketa rappellent que la plupart des commerces sont tenus par des Indiens. Tous les vendredis, les mendiants fond le tour de ces magasins karana pour percevoir leur obole, généralement de la nourriture, selon la tradition musulmane.
Originaire du Nord-Ouest de l'Inde et installée depuis plus d’un siècle (pour les plus vieilles familles), la minorité karana joue un rôle essentiel dans l’économie de Toliara et de sa région. Commerçants mais aussi planteurs industriels, hôteliers…, ces musulmans, en majorité shiite et fortement endogames, allient habilement le modernisme occidental avec une pratique religieuse de plus en plus austère. Prêteurs patentés et jouissant, pour certains, de fortunes considérables, ils furent victimes d’un soulèvement populaire en 1987, et la plupart de leurs maisons et magasins furent pillés, voir incendiés. Ils ont tout reconstruit en quelques années.
|