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Le pays des Menabe

La région de Menabe doit son nom le (« Grand Rouge ») à la couleur de ses fleuves chargés d’alluvions latéritiques. Menabe est aussi le nom du grand royaume sakalava fondé XVIè siècle par Andriamandazoala autour de Bengy (chèvre), capitale riverain de la Saka (Plaine), et qui connut son apogée dans la seconde moitié du XVIIè siècle, sous le règne d’Andriandahifotsy.


Ce « prince blanc » transporta sa capitale à Mahabo, près de Morondava, dota son royaume d’une administration territoriale et d’institutions monarchiques durables tout en poursuivant une politique de conquête par les armes ou par d’habiles alliances matrimoniales.

A sa mort, Andriamandisoarivo – l’un de ses fils, évincé du pouvoir – quitta le Menabe pour fonder le royaume du Boina. Au XVIIIè siècle, le royaume du Menabe devait connaître de nombreuses querelles successorales mais, même affaiblis par les dissensions, les rois sakalava opposèrent une vive résistance aux armées Merina à partir des années 1820 – ce qui n’empêcha pas la partition du royaume dans les années 1840,  puis au corps expéditionnaire français à la fin du siècle.

En août 1897, les forces d’occupation massacrèrent le roi Toera et ses guerriers à Ambiky, au nord de la Tsiribihina, et Ingereza, frère de Toera, qui avait pris la tête des insurgés, finit par se rendre en avril 1900. En gage de soumission, les reliques royales furent remises au général Gallieni en 1904.

Morombe

Les boutres et goélettes qui assurent le cabotage entre Morondava et Toliara (Tuléar) font escale dans le port de Morombe. Cette petite ville qui s’ordonne autour d’une avenue bordée de flamboyants est aussi reliée par une piste saisonnière et par avion à ces deux villes.

Lac Ihotry (60 km au Sud-Est de Morombe, via Ambahikily, sur la RN55, et Tanandava)

De nombreux oiseaux trouvent refuge sur ce lac salé. 

Andavadoaka

Le petit village d’Andavadoaka (la « roche Percée »), à deux heures de route au sud de Morombe, est installé dans une superbe baie dont les criques isolées sont propices à la baignade et les fonds poissonneux font la joie des pêcheurs comme des plongeurs.

Morondava

Capitale économique et administrative du Menabe, Morondava est un port écrasé de soleil, une cité commerçante entre mer et rizières, forte d’une importante communauté karana (origine indienne). Si d’anciens comptoirs aux façades délavées par les pluies s’élèvent le front de mer, c’est sur l’Avenue de l’Indépendance que se concentre, de nos jours, le commerce.

Malgré les digues, la mer gagne peu à peu sur le rivage, menaçant les bungalows alignés sur la plage, comme à Nosy Kely, quartier où sont regroupés la plupart des bars, restaurants et hôtels de Morondava. L’érosion menace aussi les maisons de BETANIA, village de pêcheurs installé à l’orée de la ville et accessible en bateaux.

Dans le chenal qui conduit à la passe, pirogues et boutres sont « à quai » et, avant le lever du jour, des flottilles de s’élancent vers le large. Elles restent souvent plusieurs jours en mer et rapportent surtout des lamatra (thons), parfois des requins.

Le Marché

Le marché, où lambahoany, sobika (« grande corbeilles ») et objets en cuivre ciselé voisinent avec des fruits et des épices, rivalise d’animation avec le port où des goélettes et des boutres chargent des pois du Cap, du maïs, du coton et du riz. A la tombée de la nuit, des lumières s’allument sur la ligne d’horizon : ce sont celles des bateaux-usines qui traitent crevettes et langoustes vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Nécropoles Sakalava

L’art funéraire sakalava, réputé pour sa statuaire en bois, est l’un des principaux attraits touristiques de Menabe. Les nécropoles les plus proches de Morondava sont celles d’Antalitoka et de Mangily (nord-est), de Marovoay (l’est) et de Lovobe (au Sud).

Des trafiquants d’antiquités – voire des tours-opérateurs indélicats – ayant pillé certains tombeaux, la visite des cimetières de la région nécessite une autorisation du fokontany de Morondava, qui désignera un guide, et l’accord des autorités de chaque village. Il faut acquitter une redevance avant d’entrer dans le cimetière et remettre une bouteille de rhum au gardien qui en versera quelques gouttes sur le sol pour garantir la bienveillance des ancêtres.

Les « Nomades de la Mer »

Dans leurs pirogues à voile et à balancier, les pêcheurs vezo de la lointaine Androka remonte, au gré du vent, la côte ouest jusqu’à Morondava.

Au fil des siècles ces « nomades » ont établi de gros villages en divers points de la côte, constituant autant d’escales dans une existence dédiée à la mer.


« Donne la vie, Ranandria, moi, l’ombiasa, enlève le mauvais sort, Moi , Dabatoro, maître du hasy, Dont la main est prodigieuse, dont le pied est ferme, Singory est attaché, enlève-le car il est atteint, Chasse les mauvais sorts, les mauvais sorts ne le frapperont pas car moi, l’ombiasa, les ai enlevés. » Prière du Falitse par Rarandra




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