coloniale-a-la-une

Madagascar pendant la période coloniale


Le Petit Journal (Madagascar en juin 1895)

Le Petit Journal (Madagascar en juin 1895)

Le corps expéditionnaire français, débarqué à Mahajanga en janvier 1895, atteint Antananarivo à la fin du mois de septembre, après neuf mois de guerre contre l’armée malgache. La capitale est occupée, mais la reine reste souveraine.

Le 22 novembre, les Menalamba ( lamba rougis par la poussière ) lancent une Insurrection en Imerina qui dure quelque dix-huit mois.

La Chambre des députés française vote l’annexion de l’île le 6 août 1896.

Le 27 septembre, l’esclavage est aboli. Le 28, Gallieni prend ses fonctions de gouverneur général. Il fait fusiller le ministre de l’Intérieur et l’oncle de la reine le 14 octobre, abolit la monarchie le 28 février 1897 et la féodalité le 17 avril.

La reine est exilée à Alger où elle meurt en 1917.


Esclavage des Malagasy

Esclavage des Malagasy

L’Etat Colonial

Après avoir pacifié l’Ile, Gallieni met sur pied une administration qui vit pratiquement sur les seules ressources locales.
Aux impôts (capitation, impôts sur les bœufs, taxe sur les marchés, impôts indirects) s’ajoute la corvée.

Tous les hommes doivent trente jours de travail gratuit sur les chantiers publics. L’île se dote peu à peu d’une infrastructure modeste mais moderne (hôpitaux, écoles, voies et moyen de communication).


Malgaches et Colons
Le Général Joseph Simon Gallieni

Le Général Joseph Simon Gallieni

Les citoyens français n’ont jamais représenté plus de 10% de la population de la colonie. Cette communauté compte surtout des fonctionnaires, métropolitains pour la plupart, et de petits colons originaires de la Réunion, qui cultivent vanille et café sur la côte est.

Hormis une infime minorité jouissant de la citoyenneté française, les Malgaches sont assujettis au code de l’indigénat à partir de 1904. Sujets, ils sont privés de tous droits politiques et doivent être munis d’un passeport intérieur. Tout manquement à ces obligations expose « l’indigène » à une amende ou à une peine de prison, fixée sans jugement.

Cependant, la colonisation introduit de nouvelles valeurs via l’instruction et ouvre la société malgache au monde.

Les soldats enrôlés dans la guerre de 1914-1918 en rapportent la Déclaration de droits de l’homme et du citoyen.


L’Économie Coloniale
Palais de la Reine

Le Palais de la Reine

Trop éloigné de la métropole pour servir de colonie de peuplement, Madagascar est voué à la fourniture de produits miniers et agricoles (mica, graphite, café, vanille, girofle, canne à cause, tabac…) non transformés sur place.

L’immensité du pays, le maigre pouvoir d’achat de sa population et sa faible densité n’en font pas un marché intéressant. Quelques industries agro-alimentaires et dérivées (rizeries, huileries, savonneries et une cimenterie) voient le jour, mais les investissements privés sont rares.

Il y a eu des échanges monétaires. Deux compagnies d’import-export, la Compagnie marseillaise de Madagascar et la Compagnie lyonnaise de Madagascar, s’occupent du commerce de traite. Ce système révèle ses faiblesses après 1945.

La généralisation des mesures d’hygiène fait que la population croit bien plus vite (4 millions en 1940 contre 2,5 millions en 1900) que la création de richesse.


Le Mouvement National Malgache

La société secrète V.V.S. – Vy Vato Sakelika (fer, pierre, ramification) – fondé en 1913 par de jeunes intellectuels, dont Joseph Ravoahangy, forge les premiers concepts nationalistes modernes. Elle compte plus de 2000 membres, répartis entres les grandes villes de l’Imerina et Tamatave (l’actuelle Toamasina), sur la côte est.

mouvement-vvs1g

Accusés du complot contre la France, ses dirigeants sont condamnés à de lourdes peines de prison en 1915. Dans les années 1920, le mouvement anticolonialiste trouve son avocat en la personne de Jean Ralaimongo.

Le 13 mai 1929, Tananarive vit une journée de fièvre nationaliste.

Les années 1930 voient la naissance d’un syndicalisme que le Front populaire reconnaît en même temps que les partis politiques autochtones.


Vers l’Indépendance
Jacques Rabemananjara

Jacques Rabemananjara

En 1940, les colons restent fidèles au maréchal Pétain, mais les troupes sud-africaines et britanniques débarquent dans l’île en 1942 et la remettent aux forces de la France libre l’année suivante. En 1946, Madagascar devient un Territoire d’outre-mer (TOM).

En février 1946 naît le Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache (MDRM). Ce parti qui prône l’indépendance de l’île au sein de l’Union française gagne toutes les élections et envoie à l’Assemblée constituante française trois députés : Ravoahangy, Raseta et Rabemananjara.

Dans la nuit du 29 au 30 mars 1947 éclate une insurrection qui embrase la façade orientale de l’île et s’étend à de nombreuses régions, avant d’être écrasée en décembre 1948.

La répression fait des milliers de morts. Le MDRM est dissous et ses leaders emprisonnés.La vie politique évolue, en 1956, avec la restauration des libertés démocratiques et l’instauration du suffrage universel aux termes de la « loi-cadre » sur les Territoires d’outre-mer. Madagascar jouit de l’autonomie interne à partir de 1957. Un gouvernement est formé sous la présidence de Philibert Tsiranana.

La République Malgache est proclamée le 14 octobre 1958.




There are no comments

Add yours