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Présentation: L’Est d’Antananarivo

La RN2, qui relie Antananarivo à Toamasina (Tamatave), sur la côte est, dessert de plaisants lieux d’excursion, comme la forêt humide autour de Moramanga et la réserve d’Andasibe Mantadia. Mais les vallées qui s’étendent de part et d’autre de cet axe très fréquenté le week-end recèlent également des villages chargés d’histoire à découvrir au gré de la promenade.

MAROZEVO

Cette « ferme » installée à 72 km de la capitale est vouée à l’élevage de papillons, de grenouilles, de serpents, de chauves-souris géantes et de caméléons dont le Furcifer lateralis.

La Vallée de l’ IVOVOKA

Cette vallée retirée conserve le charme authentique des Hautes Terres, avec Ambohimalaza et sa vaste nécropole aristocratique, Anjeva et sa tannerie, et l’axe Ambohimangakely – Ambohimanambola, théâtre de rudes combats entre Merina et Vazimba.

IMERINKASININA

Au PK 16,8 de la RN 2, bifurquer à droite, en direction d’Ambohimalaza et, à 6 km au sud de cette bourgade, suivre la piste de 3 km qui gravit la colline boisée.


Ce petit village perché à 1 491 m d’altitude vit, comme autrefois, au rythme des saisons. Ses deux portes sont parfaitement conservées avec leurs dalles jointes sans mortier et leur grand disque cylindrique. Les véhicules peuvent stationner devant la porte méridionale, mais de profonds fossés ne permettent d’accéder à la porte nord qu’à pied ou à vélo.

Les maisons d’Imerinkasinina, qu’ombragent des figuiers centenaires, sont bâties sur deux terrasses. Seules deux constructions récentes déparent un peu cet ensemble harmonieux.

Du sommet de la colline, où un petit temple protestant voisine avec les vestiges de l’ancien rova, le panorama s’étend jusqu’à Antananarivo et Antongona à l’ouest, Ambohimanga au nord, Angavokely à l’est et l’Ankaratra au Sud.

Selon la tradition orale, au XVè siècle, régnait sur l’ Imerinkasinina Andrianafovaratra, seigneur vazimba qui savait utiliser la foudre pour couper du bois. Malgré ses pouvoirs surnaturels, il fut vaincu par Ralambo au terme d’un combat épique conjuguant la ruse et le pouvoir des talismans royaux et Imerinkasinina fut incendié et détruit.

Les habitants actuels, une cinquantaine en tout, descendent de Rafotsinivahoaka, représentant du roi Andrianampoimerina.

Musée de Jean Laborde à MantasoaMANTASOA et son Lac

Lieu de villégiature ou détente dominicale des Tananariviens, le lac de Mantasoa se trouve à 60 km à l’est et deux heures de route d’Antananarivo via Manjakandriana (15 km de mauvaise piste) ou Ambatoloana. C’est dans ce cadre verdoyant et vallonné que le Français Laborde édifia, en 1837–1844, un centre industriel et un palais de plaisance agrémenté d’un zoo pour Ranavalona Ière.

Le haut-fourneau, le four à chaux, le bâtiment principal de l’usine qui abrite, de nos jours, une école technique; sont les seul vestiges du complexe, avec la maison et la tombe de Laborde dans l’ancien village d’Andrangoloaka. Le reste des installations a été détruit dans les années 1850 ou englouti sous les eaux du barrage créé en 1937.

Le LAC

Vue aérienne du Lac MantasoaCe réservoir de 2 000 ha a été aménagé pour régulariser le cours de l’Ikopa. Le barrage qui le ferme, d’une capacité de plus de 100 millions de mètre cubes, alimente les centrales hydroélectriques d’Antelomita et de la Mandraka.

De jolies villas s’élèvent parmi les pins et les eucalyptus aux abords de ce vaste plan d’eau propice à la baignade, à divers sports nautiques et à la pêche (tilapia, carpe, cyprin doré et black-bass).

A la hauteur d’Andranomanadala, la bifurcation de gauche dessert un belvédère, une chapelle et l’ancien résidence d’État d’où il est possible de traverser le lac en pirogue ou en bateau à moteur et rejoindre la forêt de l’Est en suivant les sentiers utilisés par les bouilleurs de toaka gasy (alcool de riz ou de canne, de fabrication artisanal).

La douceur du climat de Mantasoa rend ces marches à travers la lande et les pinèdes particulièrement agréables. Si l’on cherche à louer une pirogue ou les services d’un guide, on contactera les gardiens des villas environnantes.

Haut fourneau de Jean Laborde à MantasoaLe Premier Centre Industriel Malgache

L’armurerie d’Ilafy se révélant inadaptée à ses projets de développement industriel, Laborde décida d’installer ses ateliers à Mantasoa. Il dessina les plans du centre en 1837, et le haut–fourneau destiné à alimenter l’arsenal fut terminé en 1841.

Le complexe produisait des canons, des fusils, des sabres et de la poudre, mais aussi du savon, de papier, du verre, des briques, des tuiles, de la peinture, de la vaisselle…

Jean Laborde et sa femmeJean LABORDE (1806-1878)

Ce Gascon, fils d’un forgeron et maître sellier d’Auch, avait ouvert un prospère atelier de mécanique en Inde quand un naufrage le jeta sur la côte orientale de Madagascar en 1831.

Présenté à Ranavalona Ière par un planteur français, M de Lastelle, il forgea les premiers canons, mousquetons et mortiers malgaches à la demande de la reine, gagnant ainsi sa confiance.

Canon forgé par Jean LabordeAvec le Britannique James Cameron, il créa diverses industries et édifia un ensemble de constructions monumentales, dont le Palais de Manjakadiana et des tombeaux d’inspiration indienne. Laborde sut se gagner des amitiés à la cour et exercer un profond ascendant sur le prince héritier Rakoto.

Expulsé avec l’armateur Lambert après la tentative de coup d’Etat de 1857, il revient à Madagascar en 1861 comme premier consul de France. Ranavalona II lui fit des funérailles fastueuses en 1878.




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