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Présentation : Le Sud

Le Sud malgache présente une unité physique et humaine tout à faire remarquable. Il est surtout constitué d’un bassin sédimentaire dont les terrains inclinés vers l’ouest et étagés du carbonifère au quaternaire dégagent des cuestas souvent majestueuses.

Adossé au socle arasé du Mahafaly et de l’Androy continentaux, il a subi toutefois maintes cassures et les effets d’un volcanisme tertiaires et récents.
A quelques exceptions près, la côte est sablonneuse et souvent précédée de récifs et de lagons. Mais c’est le climat semi-aride qui est le plus déterminant : cette région de plateaux et de plaines fait partie des régions sahélienne.

Le Sud Malgache

A la longue saison sèche qui dure plus de neuf mois aux abords des côtes, succède une brève saison des pluies, parfois aléatoire (une terrible sècheresse sévit tous les sept ans), souvent très irrégulière et toujours pauvre en précipitations (moins de 600 mm/an).

A part quelques cours d’eau pérennes (Onilahy,  Mandrare) la plupart des fleuves ont une vie terminale d’oued (Fiherenana, Linta, Menarandra). Il en résulte l’existence d’une forêt sèche, fréquemment rendue à la savane, et là où il pleut le moins, un fourré épineux, ou bush, riche de nombreuses espèces endémiques – euphorbes, didieréacées, parchypodiums…

Les pays Mahafaly et Antandroy

Les paysans d'antandroyHormis les pêcheurs vezo et quelques migrants tels que les Antanosy du moyen Onilahy, deux grands groupes ethniques se partagent ces territoires : les Mahafaly et les Antandroy.

L’élevage extensif du zébu, qui n’exclut pas les transhumances, a permis à ces deux peuples de se doter de véritables territoires claniques. Et en dépit du développement des cultures (pois, haricots, cucurbitacées, maïs, sorgho, manioc, etc.) notamment en vala (« champs clos »), les coutumes et pratiques mahafaly et antandroy relèvent bien d’une authentique civilisation du zébu.

La valeur religieuse de l’animal est partout présente et les troupeaux, qui ont déjà une valeur d’usage, constituent la richesse des clans et des lignages. L’importance numérique du cheptel de chaque lignage détermine encore les hiérarchies, comme hier elle donnait lieu à des guerres sans fin entre multiples royaumes du Grand Sud.

Des rois illustres ont marqué l’histoire de cette région, tels les Antandroy Andriamanana et Rafaly (XVIIè et première moitié du XVIIIè siècle), ou les Mahafaly Herontany et Tsiampondy (fin du XIXè siècle). On retiendra surtout l’échec des troupes Merina à conquérir la région au début du XIXè siècle et les difficultés des colonisateurs à la « pacifier » au début du XXè.

Une région déshéritée

Le Grand Sud est pauvreLe Grand Sud est pauvre mais il s’évertue à ne pas le montrer. Ainsi, d’immenses tombeaux décorés affichent la richesse des défunts au bord des routes.

Hormis les échecs de la mise en valeur du charbon de la Sakoa et de la coopérative des tapis mohair d’Ampanihy, la relative réussite des plantations de sisal du bas Mandrare, les vains efforts de quelques colons ambitieux ou la précarité des quelques aménagements hydro-agricoles plus récents (Bezaha-Taheza ou bas Fiherenanana), seules les deux villes qui encadrent la région, Toliara (Tuléar) et Taolañaro (Fort–Dauphin) font montre de velléités de développement et de modernisme.

Ces deux ports font en effet illusion avec leurs rares industries, leur essor commercial, leur activité touristique et leurs tentatives d’administrer un Grand Sud sans ressources véritables et qui tente  de résoudre  ses problèmes par la migration temporaire ou définitive.
Entre ces deux pôles, Betioky, Ampanihy, Ambovombe et Amboasary font figure de bourgades.


 » Les Mahandrovato habitaient à l’est du fleuve Manambovo. Leur nom rappelle les débuts difficiles que dut traverser la tribu. Il vient de mahandro (faire cuire) et vato (pierre). D’après la légende, le fondateur de ce clan, n’ayant un jour rien à manger, comme c’était alors souvent le cas en Androy, se trouvait fort embarrassé. Or ses enfants affamés se mirent à réclamer en pleurant de quoi manger. Pour les calmer, il fit semblant de préparer le repas et mit sur le feu une marmite qui contenait des pierres et de l’eau saumâtre, puis il leur dit d’attendre qu’elles fussent cuites. Leurs pleurs cessèrent aussitôt. »

RAYMOND Decary, Contes et Légendes du sud-ouest de Madagascar, 1964.




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