Ouest Antananarivo

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A la sortie d’Antananarivo, passé le vieux pont sur l’Ikopa, la RN1 traverse de vastes rivières bordées de briqueteries traditionnelles avant de se faufiler entre des collines herbeuses crevassées de lavaka, et des vallons cultivés (riz, manioc, maïs) ou boisés de tapia, arbuste aux fruits acidulés et rafraîchissants et dont les feuilles servent à nourrir les vers à soie locaux ou landibe.

Elle longe les terres volcaniques de l’Itasy pour rejoindre Tsiroanomandidy, centre d’une grande région d’élevage bovin des confins occidentaux de l’Imerina. Ce périple long et parfois éprouvant, compte tenu de l’état de la route, est jalonnée d’étapes intéressantes.

IMERINTSIATOSIKA

On peut savourer les petites crêpes sucrées ou salée de l’Imerina sur le marché de ce bourg commerçant, à 28 km d’Antananarivo, et visiter l’atelier d’où sortent les charrettes traditionnelles laquées rouge, or, bleu et noir.

La porte d'entrée d'AntongonaANTONGONA (5 km au nord d’Imerintsiatosika par une piste en latérite praticable en toute saison)

Ce vieux village fortifié, juché sur un éperon rocheux à 1 500 m d’altitude, jouit d’un magnifique panorama.

De la piste qui relie Imerintsiatosika à Mandrosoa, un sentier suit les diguettes des rizières puis grimpe à flanc de colline jusqu’aux fossés et pans de murs en pierre sèche qui défendaient jadis Antongona.

Sur les hauteurs du site repose le roi Andriambaoka (XVIIè siècle). Des armes, des colliers et bracelets protecteurs du souverain sont exposés dans les deux cases royales attenantes.

Les dimanches et jours de fêtes, les villageois des environs viennent par milliers se recueillir sur son tombeau, se restaurant à l’un des nombreux étals, installés pour l’occasion, sur le sentier.

MANDROSOA (11 Km au nord d’ Imerintsiatosika)

Ce village perché est lui aussi représentatif de l’architecture des Hautes Terres avec ses fossés protecteurs et hauts murs. Dans le cadre d’un programme pilote Tourisme et Développement, les visiteurs peuvent y assister à la construction de maisons en brique crue, à la culture du riz et du manioc à la fabrication de canne à pêche et de nattes.

Mandrosoa est aussi célèbre pour sa troupe de hira gasy (théâtre malgache dont on peut suivre les répétitions, ces artistes paysans y donnent de grandes représentations de juin à septembre, à l’occasion des cérémonies de famadihana (retournement des morts le lac).

Les charrettes traditionnelles MalgachesAMBATONANDRIANA (40 min à pied de Mandrosoa)

Du «rocher des seigneurs », la vue s’étend jusqu’à l’Ankaratra, au sud, et aux chaînes du Bongolava, à l’ouest. Du XVIIè au XIXè siècle, les occupants de ce nid d’aigle contrôlèrent le « grenier à riz des vallées », 500 m en contrebas. Ce site archéologique abrite maints tombeaux et un roi y reposerait dans une pirogue en or.

AMBOAMAHERY (au Nord-Est d’Ambatonandriana)

Le roi d’Ambohitsara, village fortifié de la vallée, et un rival qui se disputaient les rivières auraient préféré régler le différend par un combat de chiens plutôt que par une guerre meurtrière. Le chien qui remporta le duel est inhumé a Amboamahery (le « chien fort »).

La pêche artisanale dans le Lac ItasyLe Lac ITASY

Ce lac a donné son nom au grand complexe volcanique (400 km²) qui s’étend des sommets du Bongolava, à l’ouest, à ceux de l’Ankaratra, au sud. Formé par la retenue des eaux de la Matiandrano, un affluent de la Sakay, il s’étale sur 45 km² au pied des dômes dénudés de volcans éteints avant de se déverser dans la Lily.

L’Itasy est très poissonneux (anguilles, carpes, tilapias) et de nombreux oiseaux aquatiques nichent sur sa rive.


Pour rejoindre le lac, quitter la RN1 à Analavory – 120 km d’Antananarivo – et prendre la RN 43 en direction d’Ampefy, à 11 km au sud


AMPEFY

Chute de la Lily à AmpefyCette verdoyante bourgade riveraine de l’Itasy vit de la pêche et du tourisme. Promenades en vedette et parties de pêche en pirogue sont l’occasion d’approcher Ambohitrimanjaka ou d’accoster sur cet îlot gardé par une statue de la vierge haute de 5.50 m.

ARIVONIMAMO (47 km à l’ouest d’Antananarivo)

C’est autour d’Arivonimamo qu’éclata le 22 novembre 1895 – jour du Fandroana, fête du Bain de la Reine – la révolte des Menalamba, premier mouvement de résistance au colonialisme. Les « Toges Rouges » attaquèrent l’antenne locale de la London Missionary Society, tuant ses occupants britanniques, comme le rappelle une stèle.

Cette ville étape sur la route de Tsiroanomandidy est particulièrement animée le vendredi, jour de marché. On y trouve des linceuls tissés dans les environs, célèbres dans tout le pays pour leur beauté et leur solidité

TSIROANOMANDIDY

Tsiroanomandidy devrait son nom au roi Radama Ier. En 1822, le conquérant merina aurait dit au roi sakalava Ramitraha qu’il venait de vaincre : « Tsy roa mandidy eto » (Ici ne peuvent régner deux souverains) … avant d’épouser sa fille aînée Rasalimo.

Cette ville aux rues plantées de manguiers abrite le plus grand marché aux zébus de Madagascar. Merina, Sakalava, Antandroy, Bara, et Betsileo, viennent y négocier des dizaines de milliers de tête de bétail. Qui dit élevage bovin dit voleurs de zébus et Tsiroanomandidy passe pour l’un des plus grands repaires de dahalo (bandit) de toutes l’île.

La ville est aussi le rendez-vous des orpailleurs qui prospectent dans les rivières jusqu’à Kiranomena et Maevatanàna. Après Tsiroanomandidy, le ruban goudronné de la RN1 cède la place à une mauvaise piste à destination de Maintirano.



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