Au nord de Toliara (Tuléar)

La RN9, tantôt sablonneux, tantôt boueuse et remplie d’ornières, selon la saison, ouvre à la fois sur le grand tourisme et l’aventure….

La forêt sèche des Mikea

A 80 km au nord de Toliara, à l’ouest d’Ankililoaka et de la riche dépression d’Antseva, bien mise en valeur (coton, maïs, riz), commence la forêt sèche des Mikea, du nom des groupes de chasseurs–cueilleurs qui l’habitent.

Si l’on pense aujourd’hui qu’il s’agit de Masikoro ayant fui la colonisation et le travail forcé, on s’est longtemps interrogé sur l’origine de ces forestiers isolés, redoutés pour leurs devins guérisseurs, ou ombiasy.

La forêt sèche des Mikea

Ainsi à l’époque coloniale, on les croyait géants ou nains et, dans les années 1950, un nain Mikea fut même exposé dans des foires d’un goût douteux !

Le Lagon d'Ifaty

Ifaty (26km au nord de Toliara, sur la RN 9)

Derrière ce nom macabre (« Au cadavre ») se cache une villégiature qui comblera les adeptes de tous les sports nautiques.

Elle est installée face à un vaste lagon dans lequel aucun requin ne se hasarde, un site paradisiaque sur le point d’être érigé en réserve naturelle où l’on peut explorer, à moins de 6 m de profondeur, des aquariums naturels d’une rare richesse, aller débusquer langoustes, mérous et poissons-perroquets du côté des passes nord et sud, ou taquiner capitaines et carangues en eau vivre.

En saison, il est possible de chasser le canard sauvage et la sarcelle autour des étangs de l’arrière-pays.

Miary

Ce village de la vallée du Fiherenana, à 7 km à l’est de Toliara, abrite un immense toñy (banian), arbre sacré de la dynastie Masikoro des Andrevola, et les tombeaux de ses rois.
Avec l’autorisation du conseil municipale, on peut visiter celui de Tompomanana (roi mort en 1898) sur l’une des buttes érigées par le fleuve.

Sur le tombeau, un amas de pierres sèches, se trouvent un vieux sabre, une cloche de navire et un vase Ming que l’on dit authentique, attestant l’époque de la grande traite.

Le Banian, un arbre sacré
Les sept Lacs d'Ifanato

Au sud de Toliara (Tuléar)

Avec un bon 4×4, beaucoup de patience et l’énergie nécessaire pour déplacer les nombreux arbres morts qui barrent la piste, on peut faire une extraordinaire randonnée en pays tuléarien, en longeant l’Onilahy jusqu’aux Sept lacs sacrés d’Ifanato (env. 60 km au sud est de Toliara, via Ambohimahavelona).

Au terme d’un périple à travers une luxuriante forêt-galerie peuplée de lémuriens, on découvre en fait plus de vingt lacs disposés en gradins au flanc du plateau calcaire qui domine le fleuve. Leurs eaux fraîches abritent une végétation fongique blanchâtre tout à fait surréaliste (baignade envisageable).

Arboretum d’Antsokay

A la sortie sud de Toliara, manguiers et tamariniers font bientôt place aux épineux et aux palmiers de la forêt sèche caducifoliée. Au PK 17 de la RN7, au lieu-dit Latabatra (« Table ») s’élève une étonnante montagne tabulaire, belvédère de choix sur la baie de Toliara et sur ses environs.

A proximité, un botaniste suisse a aménagé un jardin dédié aux végétaux endémiques du Sud-Ouest et d’autres régions de île. Cet arboretum d’Antsokay, visité par de nombreux chercheurs, abrite plus d’un millier d’espèces végétales, des lémuriens, des tortues radiées, des serpents et des caméléons. On peut déjeuner et loger à l’auberge attenante.

En revenant vers Toliara, on remarquera sur le côté gauche de la route de beaux tombeaux antandroy.

Sarodrano (A Ankoronga, quitter la RN7 pour suivre une piste qui longe la mangrove en direction du sud sur une dizaine de kilomètres)

lemurien propitheque de verreaux

Passé le lieu-dit la Mangrove et le complexe touristique du même nom, apparaît juste en bord de mer, le mur d’enceinte d’une grotte fortifiée par un groupe vezo. Au dessus des eaux marines de profondeur, à moins de 1m de la surface, l’eau est douce et fraîche comme celle d’une véritable piscine naturelle ; il s’agit d’une des résurgence du grand fleuve Onilahy qui coule plus au sud.

La Baie de Saint Augustin ou Anantsoño

Anantsoño (37 km au sud de Toliara)

La piste, de plus en plus mauvaise, dessert Anantsoño (Saint-Augustin), localité installée à l’embouchure de l’Onilahy, au pied de hautes falaises.

Dans cet estuaire, bassin d’effondrement qui atteint, par endroits, une profondeur de près de 1000 m, pulluleraient langoustes bleues, tortues de mer et, hélas, de farouches requins qui attaquent parfois les pêcheurs vezo.

Au XVIIè siècle, les navires de commerce européens firent de cette magnifique baie une escale de choix sur la route des Indes.

Après l’échec de la tentative de colonisation menée par l’Anglais John Smart, en 1645, Anantsoño devint une base de ravitaillement pour les pirates et les négriers Européens – tel le Malouin Surcouf, puis au XIXè siècle, l’un des principaux points d’appui de la colonisation française dans la région, comme en témoignent les vestiges d’édifices ocre-rouge du bord de mer.

On peut demander au conseil municipal l’autorisation de visiter l’enceinte sacrée où sont conservées les reliques des ancêtres royaux de la dynastie Tetembola, après s’être déchaussé, avoir revêtu le lambahoany de cérémonie et offert deux bouteilles de rhum aux ancêtres.

Anantsoño est un centre de vorombe (culte de possession). Les objets du culte sont conservés dans la petite case laquée de bleu et de blanc qui se dresse au centre de la localité, près du temple protestant.

Anakao (22Km au sud d’Anantsoño)

Les pirogues au retour de pêche

Le plus grand village vezo de la région est établi sur une très belle plage de sable fin, face à Nosy Be.

La beauté du lagon, véritable aquarium, a valu à Anakao de devenir un centre de plongée. La piste saisonnière qui relie Toliara à Anakao est vraiment difficile. Il est préférable de prendre le bateau (trois heures de navigation.)